LETTRE FICTIVE DE VOLTAIRE A DIDEROT
Lettre de Voltaire à Diderot
Ferney, ce 27 juillet 1766
Mon ami,
Je sais bien que pour rien vous ne quitteriez Paris, et si je n’étais pas dans la plus grande des inquiétude, je ne vous écrirai point. Je sais bien que c’est une énième de mes demandes, mais les dernières nouvelles me font redouter le pire. Vous n’êtes pas sans connaître les derniers agissements du parti dévot. Cela m’amène à penser que ce chien enragé, lasse de ne plus avoir aucun Jésuites à mordre, s’en prendra bientôt à nous autres Cacouacs. Vous n’êtes pas s’en ignorer qu’ayant mené notre dévoué directeur dans celle qui porte le glorieux nom de La Bastille, le Magicien à qui on attribut les trois pouvoirs, ne tardera pas, sous simple lettre de cachet, à vous faire part de votre retraite économique.
Les chasseurs de philosophes sont partout et ils ne cherchent plus que le secret infaillible qui leur permettra de tous nous attraper aussi aisément que des lapins. Ils murmurent à tous : « qu’ils est impossible que les philosophes soient des hommes de bien, car si nous les supposions ainsi, on commencerait à croire que nous ne le sommes pas ».
J’enrage de voir ce que les Hommes sont devenus : Un jour ils nous écoutent et nous approuvent. Le lendemain, ils se rangent du côté des faibles.
J’ai en moi l’image d’un pays où seule la raison gouverne les hommes et a sur les chefs des nations l’empire qui lui est dû. Mais cette raison, c’est moi qui doit la retrouver, car si de quelconque manière elle avait atteint l’Homme alors on ne verraient point un tel chaos intellectuel et idéologique.
Je sais bien que vous prôner mieux que tous nos quatre idéaux : bonheur, liberté, égalité et tolérance et c’est au nom de ceux-ci que je vous demande de partir incessamment sous peu, de la capitale.
Faut-il que j’implore Dieu dans une longue prière pour qu’il vous fasse enfin changer d’avis ? Je vous dit inlassablement : fuyez, fuyez ; car dés lors qu’ils nous auront, rien ne pourra nous sauver d’une fin terrible pareille à celle de l’Enfant terrible condamné pour un blasphème dont je doute.
Ne me dissimulez rien pour une fois dans vos réponses et écoutez un de vos amis philosophes qui n’espère que vous revoir vivant à Ferney. Ne restez pas !
Votre dévoué et ami, Voltaire
2 commentaires:
bravo bravo exellente lecture tu a un talent
Bravo, j'ai le même devoir a faire mais je n'est que 13 ans est je ne sais pas par ou commencer pouvez vous m'aider ( dite moi en commentaire si vous pourrez m'aider ou pas merci d'avance ).
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