mardi 1 janvier 2008

Prologue fictif de Dom Juan de Molière

Ce qui suit va peut-être en dérouté quelques uns. En faite i s'agissait encore une fois d'un devoir scolaire. Nous venions de finir de lire Dom Juan de Molière et ma prof de français nous a demandé d'écrire un prologue à cette pièce de théâtre que j'ai d'ailleurs moyennement aimé (j'aime peu lire du théâtre classique...) et je me suis donc lancée. j'avais en tête le souvenir d'un prologue original où le prologue était un personnage qui n'arrêtait pas de se faire houspiller. Bizarrement je ne me rappelle pas où j'ai pu lire ça mais quoi qu'il en soit, ce souvenir presque dissout m'a permis d'écrire un prologue que je crois singulier. Une dernière chose, je trouve ce prologue particulièrement visuel, du moins lorsque je le lis des images défilent dans mon esprit, sans me vanter, je trouve que c'est plutôt une belle prouesse de faire venir des images nettes avec des mots.

PROLOGUE FICTIF A DOM JUAN DE MOLIERE

(entrée du Prologue, il marche sur scène dans la plus parfait insouciance)
AH !
Non ce n’est quand même pas…impossible. Non ! non ! c’est inimaginable. J’en suis sûr… pourtant, ces gens… ça ressemble bien à un public… Si ! si ! c’est commencé !
Mon texte, où est mon texte !
Comment ça je ne l’ai pas préparé ! Bien sûr que si ! je l’ai débuté hier au soir et…
( il regarde vers la droite en direction des coulisses)Tu oses, tu dis que je me serais endormi sur mon travail ! Vraiment tu me prends pour qui ? J’ai du le perdre quelque part, voilà tout !
Quoi ? Le public ne peut pas attendre. Ils ont payer leurs places, et alors ?
Tu veux que j’improvise ! Hors de question, je ne suis pas Dom Juan moi. Je ne manie pas aussi bien la parole que lui. Sganarelle ne songe t’il pas lui-même à mettre ses raisonnements par écrit, pour disputer avec lui ?
Ah mon papier ! Tu vois, je ne l’avais pas perdu ! (un temps)

Voilà. C’est personnages vont vous jouer l’histoire de Dom Juan.
Dom Juan c’est l’homme qui est assit là bas et qui parle. Il parle à Sganarelle. Il lui parle de Done Elvire. Il l’a aimé, un mois, il ne l’aime plus. Un autre objet a chassé Elvire de sa pensée. Il est ainsi Dom Juan. Il goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d’une jeune beauté mais lorsqu’il est maître une fois, alors pour lui, il n’y a plus rien à souhaiter ; tout le beau de la passion est fini. Dame, demoiselle, bourgeoise, paysanne, il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid pour lui.
Il est encore insouciant. Il ne se doute pas de la menace qui plane sur lui. Il ne veut pas prendre raison. Il ignore les avertissements du Ciel. Il transgresse tout. Il n’a peur de rien. Il ne craint pas la mort… il ne la voit pas. C’est pourquoi il jouera son rôle jusqu’au bout… celui de l’homme qui depuis toujours, va de fille en fille. Il ne sent pas qu’il s’éloigne à une vitesse vertigineuse du monde vivant.
Il est l’archétype de la démesure morale. Il est impertinent, irrespectueux et offense. Il ne croit pas à la religion. Dom Juan pense simplement que deux et deux sont quatre. Sa religion c’est un peu l’arithmétique.
Sganarelle, c’est son valet. On ne sait pas très bien pourquoi il reste avec son maître. Peut-être par lâcheté. Il déteste ses manières.
Tout à l’heure, tandis que Dom Juan sera parti en quête de son nouvel amour, il croisera Gusman, le valet d’Elvire. Alors il s’autorisera à peindre un violent portait de Dom Juan. Pour le moment, il essaye vainement de le raisonner. Ça ne marche pas. Il n’est pas de taille. Poussé par une indignation trop retenue, il finira par éclater, d’abord timidement puis plus sûrement.

( regarde à droite) Quoi encore ! Ce metteur en scène parfois ! Le libertinage, tu veux que j’en parle maintenant ! Et la triste Done Elvire qui de la lamentation va passer à la conversion, et la statut, et Dom Louis et Dom Carlos, et Dom Elvis ! je n’en parle pas ! Pas essentiel pour le prologue ! Au spectateur de les découvrir dans la pièce ! Pour le suspense ! Mais je sers à quoi moi !
Oui monsieur, j’arrête d’être insolent, oui monsieur j’aborde de suite le libertinage.

(au public) Il faut vraiment tout vous expliquez à vous !
Bon. Dom Juan fut écrit par Molière peu après le Tartuffe où l’auteur fustigeait l'hypocrisie de certains dévots. La pièce n’échappa pas au menace du parti dévot. elle semble aux yeux des religieux de l'époque une apologie du libertinage. Le seul défenseur de la religion semble être Sganarelle pour lequel la religion ressemble fort à de la superstition. Dom Juan va donc subir, dès sa deuxième représentation une attaque en règle. On demandera à Molière de supprimer certaines scènes. En effet certaines de ces scènes ou répliques tournaient un peu trop pour l’époque en dérision la religion.
(en aparté) je précise qu’ici elle sera diffusé en œuvre complète, sans aucune censure.
(il reprend) En faîte dans cette pièce Dom Juan cherche. Il a un but : il veut savoir si Dieu existe. Tout le temps il Le défi. Mais tant qu’il ne voit pas d’intervention de sa part, il continu son jeu. Un jeu qui le mène à la mort. Attention ! n’allez pas croire que c’est une tragédie ! vous êtes venu pour rire ? repartez ! Cette pièce n’appartient pas à la comédie.
Je ne dis pas que vous ne rirez point de toute la pièce. Il y a des passages vraiment très amusants. Imaginez : un échange de deux paysans au XVIIème siècle ou encore… (il est coupé)

Encore ce metteur en scène ! (au public) Il trouve que j’en dit trop ! et que si je continue c’est tout la pièce que je vais raconter ! Ah bon ? moi mon rôle c’est de dire ce qui s’est passé avant ? Merci je le sais, mais il faut bien mettre l’eau à la bouche de ce public non ?
Bon, les ordres sont les ordres.

Donc la première scène débute sur un échange entre Gusman et Sganarelle – vous vous rappelez, j’en ai parlé tout à l’heure : le portrait de Dom Juan ! – Auparavant il a quitté Done Elvire car il ne l’aimait plus- Il faut avouer que Dom Juan passe facilement d’un amour à l’autre et se marie une fois par mois ! Alors Done Elvire… ce n’est pour lui, qu’une de plus sur sa longue liste de conquérantes. Il se prend même pour Alexandre Le Grand !
Vous voyez ça n’a rien à voir avec une tragédie. Notre héros n’est pas animé par de nobles qualités (courage, générosité, noblesse de sentiments, etc.) , semble encore moins victime d’un choix dont l’issue serait fatale. D’accord, la fin est tragique mais avec
plus d'attention vous remarquerez que tout le long de la pièce est bercé par le registre comique – je rappel que ce n’est pas une comédie pour autant-. Certes au court de la pièce, nous faisons face à des situations qui font naître le rire ou le sourire à partir de contradictions. le comportement, la mentalité de Dom Juan, l'habit ou encore le registre de langage de certain personnages... feront rire. Mais Dom Juan ne raconte pas le renversement du malheur au bonheur. Pas de mariage à la fin ! hors pour que ce soit une Comédie il faut cela.
Pour faire simple Dom Juan, c’est une tragi-comédie.
De surcroît, c’est une pièce baroque. C’est exubérant, foisonnant, grandiose, débordant, excessif, fougueux et l’on joue sur des effets dramatiques. La dernière scène est assez caractéristique surtout lorsque Dom Juan s’exclame : « Ô Ciel ! que sens-je ? Un feu invisible me brûle, je n’en puis plus, et tout mon corps devient un brasier ardent. »

Et le revoilà. Que va t-il encore me dire ? Je suis trop long. C’est pas un prologue mais une théorie. Ah… le monde du théâtre… il faut toujours que ça aille vite. Un personnage rentre et au bout de trois répliques il ressort ! hop, une scène de passée !
Et en plus, il se permet de me dire que j’étais censé faire comme si on se trouvait à une représentation du XVII ème siècle ! Par dessus le marché, Monsieur s’offusque car je n’évolue pas du tout dans le même registre que la pièce.
Et bien non ! on est au XXI ème siècle ! Ce qu’il faut c’est donner envie au gens de regarder, de lire Dom Juan de Molière, et au diable les registres ! Et au diable si ça ne colle pas avec le reste de la pièce !
Ça ne vous intéresse pas ?
On passe à autre chose.
Allez en scène Gusman et Sganarelle, le public vous attend !
La prochaine fois vous vous passerez de mon prologue puisqu’il ne va pas avec la pièce ! (il sort furieux)

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