mardi 1 janvier 2008

Je suis humain

Le texte suivant date un peu plus que les autres. J'avais je me souviens 13 ans et je venais de voir le film Entretien avec un Vampire, lorsque France 5 ou Arte (j'ai oublié) à organisé un concours sur des nouvelles mettant en scène des vampires. Ouvert à tous j'avais peu de chance de gagné et en effet je ne gagnais pas mais là n'était pas l'essentiel. Personnelement bien que l'histoire fasse DEJA VU et qu'il y est je crois, quelques incohérence, je l'aime beaucoup et je me souviens avoir apprécier l'écrire.

JE SUIS HUMAIN

Longtemps, trop longtemps j’ai espéré. Espéré qu’un jour je me transformerai. Que tout ceci serait oublié et que je vivrai enfin pour de vrai. Finalement je me suis dit que c’était impossible et j’ai décidé de les combattre.
Chaque jour qui passe je sors la nuit pour les piéger et je les enferme dans une cellule où il y a un pieux à chaque fissures de mur. Tous les matins je diffuse une odeur d’ail, le sang que je leur fais boire est constitué d’eau bénite. Pour couronner le tout, j’ajoute des torches en feu, pour éclairer. Et bien sûr une fenêtre qui laisse entrer le soleil, je les entends. Ils crient. Un cri affreux, long, déchirant. Ils cognent contre la porte de leur cellule espérant qu’elle s’ouvre. Mais elle ne s’ouvre pas . Jamais. Le soir, alors que je reviens avec un autre vampire, j’enlève les cendres d’un coup de pied et je lance le nouvel arrivant. Cela fait plus de quarante ans que cela dure. Au début, aucuns ne me craignait mais au fil des disparitions, ils se sont doutés. C’était à prévoir. En quarante ans, j’ai du en attraper plus d’une cinquantaine. Un chiffre qui semble important, mais trop peu. Au commencement j’en prenais une dizaine par an, mais à présent je n’en attrape que un ou deux pour une même période. C’est dommage, j’aimais les entendre crier, cela me réconfortait. Je me sentais plus fort qu’eux. Aujourd’hui moins. Surtout en ce moment, ils m’ont battu. Pour le moment je n’ai pas peur, je ne me souviens pas avoir eu peur, même le jour où j’en ai vu un pour la première fois. J’avais douze ans je crois. Il était tard. Une heure où d’habitude tous les enfants dorment. Onze heure, minuit, une heure, je ne sais plus. Il est entré par la fenêtre, transformé en chauve-souris. J’ai suivi toute la transformation : de la bête au vampire. On aurait cru un film de magie. Il s’est approché de moi. J’ai fermé mes yeux. Il a rit et m’a dit :
- Je sais que tu m’as vu Walt
J’ai reconnu sa voix, c’était mon oncle Moti.
- C’est vous mon oncle ?
- Ah ! tu me reconnais, je suis un vampire mon garçon.
Je l’ai regardé bizarrement, comme si je ne comprenais pas, mais dans ma tête c’était clair. Il est vrai que j’avais imaginé ça dans mes délires les plus fous, j’osais a peine croire que c’était vrai. Il a repris :
- Tu sais Walt j’ai transformé ton père en vampire, tout à l’heure. Il est heureux maintenant. Il ne mourra pas du cancer.
J’étais heureux et malheureux. Heureux parce que mon père ne mourrait pas. Malheureux parce qu’il allait tuer et semer la mort autour de lui.
- Et mère ?
- Je ne lui ai rien fait, quant à toi, tu me sembles avoir un bon sang.
- Mais je ne veux pas mourir, ai-je hurlé.
Je n’ai rien pu dire d’autre il m’a mordu à pleine dents. Je suis tombé dans les pommes.

Je me suis réveillé un peu plus tard dans la nuit. Oncle Moti m’avait vidé de presque tout mon sang mais je vivais. Je me suis alors juré de me venger et de les combattre, de les tuer. Tous. Je ne suis jamais retourné à l’école, personne ne s’en est vraiment inquiété, à cette époque, c’était courant.
Au cours de mes recherches et rencontres j’ai pu apprendre toutes les techniques pour tuer les vampires : les pieux, la lumière, l’hostie… Et enfin lorsque ma mère est morte alors que j’avais seize ans, je suis passé à l’acte. Mais maintenant ils m’ont attrapé. Et maintenant c’est moi qui suis enfermé dans une cellule. Tout s’est passé lentement, ils m’ont laissé le temps d’agir pour mieux me cueillir :

NON !
Un cri de souffrance suivi d’un corps qui tombe. J’en suis sûr c’est eux. Je cours, cherchant la provenance du cri. Je cours si vite que je glisse parfois sur le chemin de boue. Enfin je les vois. Un homme, tenu à bout de bras par un vampire. Le corps semble presque inerte. Un petit cri me fait comprendre que la personne est encore en vie. J’arrive près d’eux . Je me fonds derrière le vampire, qui trop intéressé par le sang de sa victime ne m’entend même pas. Je respire fort pourtant. La course m’a fatigué. Et puis je me jette sur lui. Il se débat mais je le tiens ferment. Je l’assomme. Je le laisse sur le côté et me préoccupe de l’homme. Il respire mal. J’ignore s’il va survivre. Le sang me rend fou. L’homme soulève un œil. Il me regarde.
- Je vais mourir alors ?
- Pas aujourd’hui, je suis là.
- Vous êtes un drôle d’homme.
Sa remarque me fait sourire.
L’œil se referme. Puis les deux yeux s’ouvrent. Il me tend une main. Je la prends. Doucement je le relève. Il chancèle un peu mais parvint à retrouver son équilibre. Il me questionne :
- Comment avez-vous su ?
- J’ai entendu votre cri, j’ai su qu’ils étaient là. J’ai couru jusqu'à vous et me voilà votre sauveur.
- C’est gentil. Et lui, qu’est ce qu’on en fait, dit-il en désignant le vampire assommé.
- On le laisse là quelques instant. D’autres vampires arriveront et alors je les prendrai tous.
- N’est-ce pas risqué ?
- Non
J’avance sur le chemin boueux. Il me suit. Je remarque un cageot et à l’intérieur un lapin.
- Vous allez le manger ? demandai-je
- Bien sur, vous en voulez ?
- Non, merci.

Nous continuons à marcher dans la pénombre.
- Je m’appelle Walt, dis-je, et vous ?
- Antoine.

Je ne sais même pas pourquoi je le suis. Afin que le vampire ne l’ attaque pas de nouveau, en quelque sorte je veille sur lui.
- Je vous ai vu, tout à l’heure, au café Simon.
- J’y étais.
- Vous sembliez triste. Vous avez perdu quelqu’un que vous aimiez ?
- Non. Je suis triste chaque jour. Triste des morts que causent les vampires. Je pleure en même temps que la famille de la victime.
- Jusqu'à ce jour je ne croyais pas aux vampires.
- C’est normal, je réponds, tout le monde fuit la vérité. L’Homme dit d’ailleurs : « il faut le voir, pour le croire »
- Vous avez sauvé d’autres personnes comme moi ?
- Une vingtaine peut-être. C’est trop peu. Les vampires tuent plus de cent personnes par jour.
- Ils doivent être nombreux .
- Je ne sais pas exactement il y en a de plus en plus, j’en ai l’impression.
- Vous semblez bien les connaître.
- C’est parce que je les côtoie , répliquai-je

Je l’ai ai vu au dernier moment. Le vampire que j’avais assommé, c’était réveillé. Il nous avait suivis, il fonce sur Antoine. Et l’achève. Il part en courant. C’est dommage pensai-je, il était gentil Antoine . Puis je réagis. Je cours après le vampire, mais celui-ci a déjà disparu. Tant pis , demain soir peut-être.
Je rentre chez moi et mais il apparaît.
- Où vas-tu Walt ? me questionne t-il
- Et vous mon oncle ? dis-je en le reconnaissant
- Je chasse et je rentre chez moi, comme tous les vampires. Tu sais que tu me déçois .
- Je vous déçois mon oncle ? fis-je interloqué
- Pourquoi nous chasses-tu ?
- Parce que je désapprouve votre vie, et je vous hais.
- Je n’ai pas d’autre choix que te t’embarquer pour te tuer. Sacha, Kuno, Gilles, Fritz, venez.

Quatre vampires les dents encore rouge de sang, arrivent sur le chemin. Ils m’encerclent. Je sens que je suis piégé. Je ne tente pas de m’enfuir, c’est impossible. Il sont plus forts que moi. Je regarde le ciel. Nuit très sombre. Il doit être près de minuit. Le soleil ne se réveillera que dans huit heures et il sera trop tard. Je serai déjà prisonnier. Mort peut-être. Ça dépend .

- Ah, mon neveu , dit oncle Moti, comme j’aurai aimé que tu sois comme moi. Mais tu as choisi d’être quelqu’un d’humain, qui ne tue pas les Hommes pour se nourrir. Quelle déception. Moi qui avait mis tout espoir en toi, il lâche un énorme soupir et ordonne :Emparez-vous de lui.

Les quatre vampires se fondent sur moi. Les ténèbres m’envahissent. On m’a assommé.

Je me suis réveillé dans cette pièce froide, celle où je suis en ce moment. Il fait nuit. Plus pour très longtemps. En y repensant, j’ai maintenant peur. Pour la première fois. Peur de mourir. Que va-t-il se passer ? Je l’ignore encore mais je sais que ma fin est proche. Antoine était mon piège, il ne le savais pas bien sûr, mais c’est à cause de lui que je suis là en train de croupir. Il est déjà mort lui. Il aurait sûrement aimé vivre un peu plus longtemps.
J’ai remarqué que c’est dans des moments proche de la mort que l’on se demande pourquoi on a fait ce qui nous a tué. On repense aussi à sa famille. Pas moi. Je ne regrette rien de ce que j’ai fait et je songe encore moins à ma famille. C’est elle qui m’a tué.
Une trappe s’ouvre : « Ton dernier repas » me signale-t-on.
Je n’y touche pas. Je sais ce que c’est : un bout d’humain en guise de viande et du sang, pour ma soif.
La porte s’ouvre , on entre.

- Père ? je m’écris, j’ignore depuis combien de temps je ne l’ai pas vu
- Veux-tu vivre Walt ? me demande-t-il, il n’ajoute rien. Ses paroles sont dures et sèches, elles ne traduisent aucune émotion, il se moque de son fils.
- Je ne sais pas père , ça ne vaut peut-être pas le coup, répondis-je , je suis mort il y a quarante ans.
- Mort ! non, tu vis depuis quarante ans. Es-tu sûr de vouloir mourir ?
- Bien sûr, je vous ai combattus depuis quarante ans. Ce n’est pas maintenant que je vais changer d’avis. Je devais bien mourir un jour.
- Je t’aimais, tu sais.
- Au début, moi aussi, mais vous avez tellement changé , oh père, pourquoi ?
- N’es-tu pas sur de vouloir devenir comme nous ?
- Jamais !
- Dans ce cas, adieu.
- Père ! … hurlai-je.

Il ne répond pas. La porte de la cellule se referme. Il ne m’a pas parlé depuis tellement longtemps et tout ce qu’il me demande c’est si je veux être un vrai vampire. Je suis énervé par tout.
Je m’endors un peu. J’ai encore deux heures devant moi.
Je me suis réveillé alors que le soleil apparaissait au loin. La lumière a peu à peu pénétrer dans la cellule. Je n’ai pas crié comme les vampires à qui je faisais subir ce même sort. Je ne voulais pas qu’il sache que je n’étais pas invincible. La lumière remplit un quart de la cellule, la moitié, les trois quarts et enfin la totalité de la pièce. Je brûle, comme tous les autres vampires. J’ai eu beau vivre comme les humains, manger comme eux, m’habiller comme eux, …je ne me suis jamais habitué à la lumière. Je suis un vampire depuis que j’ai douze ans, qui a tué ses semblables parce que je ne voulais pas être comme eux. Je ne suis pas un meurtrier. Je suis ce qu’on appelle un « gentil » vampire. Maintenant je meurs, la lumière qui pénètre à travers la fenêtre de ma cellule me tue. Les humains aiment la lumière, les vampires non, c’est une des grandes différences entre eux et nous. Une différence qui ne changera jamais. Une différence que je n’ai pas pu maîtriser.

*
Vlad est entré dans la pièce, à la nuit tombée, il n’y avait plus qu’un tas de cendres. Il n’a rien dit. Il a laissé couler une larme avant de dire simplement : « pourquoi as-tu fait ça mon fils ? ». Les autres vampires sont arrivés pour enlever les cendres. Et puis, pris d’une folle colère, il a tout brûlé. Son château est parti en fumée. Les vampires qui s’y trouvaient ont péri. Vlad s’est enfuit pour ailleurs …

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